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Pape François et Économie: le bien des personnes et le bien de l'entreprise vont de pair

Le pape François recentre l'activité économique sur l'homme pour éviter de créer des entreprises, structures d'avilissement de l'homme en basant tous les rapports de travail sur l'argent et le profit au bénéfice des propriétaires.


 

« Le bien des personnes et le bien de l’entreprise vont de pair », affirme le pape François au quotidien italien Il Sole 24 Ore, dans l’édition de ce 7 novembre 2018. Parmi les thèmes évoqués dans cet entretien à ce journal économique et financier, dont Vatican News  rend une synthèse : l’économie, l’emploi, l’écologie, les migrations.

Le pape plaide ainsi pour « une éthique amie de la personne » afin de dépasser « la distinction rigide entre les réalités du gagne-pain et et les réalités qui ne sont pas vouées au mécanisme exclusif du profit, en laissant une large place à des activités (…) du service. »

Dénonçant une économie qui « tue », le pape fait observer que « la personne n’est plus au centre », que l’on « obéit seulement à l’argent » qui devient « l’objectif premier et unique ». Une logique qui crée « des structures de pauvreté, d’esclavage et de mises à l’écart ».

Si les finances sont aujourd’hui centrales dans le secteur économique, souligne le pape, ce choix prétend « de façon erronée, que l’argent se fait avec l’argent ». Mais l’argent « se fait avec le travail ». C’est « le travail qui confère à l’homme sa dignité, et non l’argent ». Et le pape de déplorer : « Le chômage qui concerne divers pays européens est la conséquence d’un système économique qui n’est plus capable de créer du travail, parce qu’il a mis au centre une idole, qui s’appelle argent ».

Il recommande au contraire aux entrepreneurs « l’attention à la personne concrète » : « Cela signifie savoir diriger, mais aussi savoir écouter, en partageant avec humilité et confiance des projets et des idées. Cela signifie faire de façon à ce que l’emploi crée un autre emploi, la responsabilité crée une autre responsabilité, l’espérance crée une autre espérance, surtout pour les jeunes générations, qui aujourd’hui en ont plus que jamais besoin. »

Le pape prône « un nouvel humanisme du travail », avec la conscience que « le bien des personnes et le bien de l’entreprise vont de pair ». Il appelle de ses vœux un « nouvel ordre économique qui ne génère plus de mise à l’écart » mais enrichisse l’économie par « l’attention aux pauvres et la diminution des inégalités ». Pour cela, concède-t-il, il faut du « courage » et de la « créativité ». Il donne une liste de points d’attention, entre autres l’égalité de salaire entre hommes et femmes, le respect de l’environnement, la suprématie de l’homme sur la machine…

« La seule poursuite du profit ne garantit plus la vie de l’entreprise », insiste le pape : « Il n’est plus possible que ceux qui travaillent dans le secteur de l’économie n’écoutent plus le cri des pauvres ». Il encourage à se former « aux valeurs » : solidarité, éthique, justice, dignité, développement durable…

Il y a trop de silence

Pour le pape, les migrants « font spécialement peur aux peuples qui vivent dans le bien-être ». Mais, assure-t-il, « il n’existe pas d’avenir pacifique pour l’humanité sans accueil de la diversité, sans la solidarité, sans penser l’humanité comme une grande famille ». Il s’agit de rejoindre le cœur de ceux qui rejoignent nos terres, explique-t-il, « pour les comprendre, comprendre leur culture, leur langue, sans négliger le contexte actuel ».

Le pape encourage les entrepreneurs et les institutions européennes à entreprendre « des parcours d’investissement… dans la formation » afin d’ouvrir des opportunités de travail à tous. « Les réponses aux demandes d’aide, même si elles ont été généreuses, n’ont pas été suffisantes, regrette le pape, et nous nous retrouvons aujourd’hui à pleurer des milliers de morts. Il y a eu trop de silences. Le silence du sens commun… notre silence opposé au leur. » Aux migrants, il demande le respect de la culture et des lois des pays d’accueil, pour s’intégrer et « dépasser toutes les peurs et les inquiétudes ».

L’accueil n’est « pas facile », reconnaît le pape : « Il manque la conscience d’une origine commune, d’une appartenance à une racine commune d’humanité et d’un avenir à construire ensemble. Cette conscience de base permettrait le développement de nouvelles conditions, nouvelles attitudes et nouveaux styles de vie. » Il recommande aux gouvernements d’accueillir « sans négliger la possibilité d’intégrer (les migrants) et de les installer de façon digne ».

Dieu, poursuit le pape François, « a besoin de nos yeux pour voir les besoins des frères et des sœurs. Il a besoin de nos mains pour secourir. Il a besoin de notre voix pour dénoncer les injustices commises dans le silence, parfois complice, de beaucoup. Surtout, le Seigneur a besoin de notre cœur pour manifester l’amour miséricordieux de Dieu envers les plus petits, les rejetés, les abandonnés, les marginalisés. »
Source:entretien avec pape françois au quotidien Il sole 24 Ore, 07 septembre 2018

Publié par Chargecomeveth, | Lu 50 fois

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