Homélie du Cinquième Dimanche du Carême -Année A-

Lectures du Dimanche 29 MARS 2020

– Première lecture : Ézéchiel 37, 12-14
– Psaume : 129, 1-8
– Deuxième lecture : Romains 8, 8-11
– Évangile : Jean 11, 1-45

 

Chers frères et sœurs en Christ,

Alors que la pandémie du Corana virus (covid619) terrorise l’humanité et interpelle la conscience de tous les hommes de bonne volonté, la Parole de Dieu en ce cinquième dimanche de carême vient comme pour nous réconforter dans l’épreuve et nous indiquer le chemin à suivre. Ce chemin qui n’est rien d’autre qu’un retour à Dieu, le seul qui soit en mesure de nous libérer de ce malheur.

Les textes bibliques de ce dimanche, en effet, nous laissent entrevoir la Joie de Pâques, c’est-à-dire la victoire de la Vie sur la mort.

Nous avons tout d’abord la première lecture qui nous ramène au quatrième siècle avant Jésus Christ. Le peuple d’Israël se trouve en grande détresse car il est déporté en terre d’exil. Mais le prophète Ézéchiel intervient pour raviver l’espérance des exilés. Dieu ouvrira le tombeau dans lequel ce peuple s’est englouti. Il le ramènera vers la terre d’Israël. Ce sera la victoire de la vie sur la mort. À travers ce texte biblique, nous avons déjà une approche de l’idée de Résurrection.

Quant à l’apôtre Paul, dans la deuxième lecture tirée de la lettre aux Romains, il nous parle de l’Esprit Saint qui nous fait sortir de l’emprise de la chair. Dans son langage, il s’agit des faiblesses de la condition humaine et du péché. Nous sommes appelés à vivre sous l’emprise de l’Esprit. À travers ce message, il nous renvoie à la vie divine qui est semée en nous au jour de notre baptême. Cette vie est le gage de notre résurrection ; cette vie divine l’emporte sur la mort. C’est pourquoi dans l’épreuve que traverse notre humanité aujourd’hui seule la foi et solidarité délivreront notre monde de cette pandémie.

L’Évangile de ce dimanche enfin nous fait assister à la sortie de Lazare de son tombeau, sa résurrection. À travers ce geste extraordinaire, Jésus exprime pleinement son pouvoir sur la mort. Les disciples savaient que sa montée vers Jérusalem est une marche vers la mort. Malgré leur incrédulité, il veut leur faire comprendre que cette route s’achèvera par la victoire de la vie. De cet Évangile, nous devons surtout retenir la déclaration solennelle de Jésus : «Je suis la résurrection et la vie ; celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra » ! Puis nous avons la réponse de Marthe : « Oui, Seigneur, je crois.»

En lisant cet Évangile, nous prenons conscience d’une réalité importante pour notre temps : ce n’est pas seulement Lazare qu’il faut sortir de son tombeau, c’est l’humanité tout entière qu’il faut délivrer de la mort. Nous sommes tous appelés à sortir de notre péché qui conduit à la mort. Il faut aussi démanteler les structures de péché qui enchaînent notre humanité pour que la vie de Dieu triomphe dès aujourd’hui. En ressuscitant Lazare, le Christ veut nous faire émerger à une autre vie. Il nous appelle à une vie nouvelle. Ce sera le triomphe de la vie sur la mort, une vie qui ne passera jamais.

Mais avant toute chose, il nous faut entendre l’appel du Christ qui veut nous faire sortir de notre tombeau. Avec lui, c’est l’événement merveilleux de la victoire de la vie sur la mort. Nous sommes invités alors à vivre ce carême comme un passage vers une vie plus juste et plus solidaire, une vie plus ouverte à Dieu et aux prochains. Avec le Christ, nous pouvons triompher de nos peurs et retrouver le courage et l’espérance de repartir en avant. C’est chaque jour qu’il nous faut ressusciter avec lui. Aujourd’hui, le même Christ compte sur nous pour participer à cette œuvre de libération. Beaucoup d’hommes et de femmes sont  enfermés dans des tombeaux. Nous pensons à tous ceux qui sont opprimés, affamés ou malades, tous ceux qui sont englués dans le péché ; tous ceux qui sont aveuglés par le pouvoir, l’avoir et le savoir. A force de nous prosterner devant ces faux dieux, nous avons créé les conditions de destruction de notre vie et de notre environnement. Ainsi nous avons creusé nos propres tombes. Mais nous croyons que Jésus peut ouvrir ces tombes comme il l’a fait pour Lazare. Nous savons aussi que sa Parole et son action passent par notre conversion et nos engagements pour plus de respect pour la vie, pour plus de justice sociale et de fraternité universelle.

Ce matin, le Seigneur nous lance à tous un appel à transformer la clameur du monde en espérance. Le Christ nous apprend à écouter et à nous laisser toucher par la souffrance de l’humanité toute entière. Il nous invite à ouvrir notre cœur, nos yeux, nos oreilles et nos mains pour entendre le cri de ceux qui sont malades, de ceux qui vivent dans l’angoisse et la peur de cette pandémie dévastatrice.

Nos pères évêques dans leur quatrième communiqué nous invitent à nous mobiliser pour participer généreusement à l’effort de solidarité citoyenne nationale contre le COVID-19. Ne soyons pas sourds à leur appel. Comme la veuve de l’évangile, donnons même de notre indigence. Les bandelettes qui entourent Lazare sont le symbole de l’égoïsme, de la froideur et de l’indifférence qui caractérisent notre monde. Refusons d’être complice d’un tel monde aux antipodes de l’évangile. En appelant Lazare à venir dehors, Jésus s’adresse aussi à tous les hommes. Il les appelle tous par leur nom à la vie qu’il est venu donner en abondance. Avec lui, la mort ne peut pas avoir le dernier mot. Elle est devenue un passage, une porte vers l’éternité.

 En ce jour,  faisons nôtre la profession de foi de Marthe : « Je crois, Seigneur ; tu es le Fils de Dieu qui vient sauver le monde ».

 

Abbé Henri CISSE, Curé de la Cathédrale Sainte Anne de THIÈS

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