La paroisse Jésus-Ouvrier de Mboro a célébré dans la joie sa fête patronale…

« Peuple de Dieu, voici que le seigneur va venir pour sauver tous les hommes. Le Seigneur fera retentir sa parole pour la joie de votre cœur. » (Cf Is 30, 19.30). Ces paroles de l’antienne d’ouverture du deuxième dimanche du temps de l’Avent ont rejoint l’action de grâce de la communauté chrétienne de la paroisse Jésus Ouvrier de Mboro qui célébrait sa fête patronale.

En ces temps joyeux qui précèdent la Nativité de notre Seigneur Jésus Christ, la paroisse Jésus-Ouvrier a vécu un temps fort de son année pastorale.

En effet, en ce 8 décembre, des centaines de fidèles, venus de la paroisse de Mboro mais aussi des autres paroisses du diocèse, s’y y sont donnés rendez-vous pour prier et célébrer, dans la joie et la ferveur.

Un événement de foi ponctué par trois moments forts.

D’abord la célébration de l’Eucharistie en la veille de la Solennité de l’Immaculée Conception, Patronne de l’association des Femmes catholiques de la paroisse soutenues, à cette occasion, par la présence de leurs sœurs jumelles de la paroisse Notre-Dame des Victoires de Diourbel, accompagnées de leur pasteur, l’abbé Émile NDIONE.

Par ailleurs, cette rencontre a été aussi l’occasion pour la communauté chrétienne de prier pour un de ses pasteurs, abbé Turpin Claude DIATTA, qui célébrait le premier anniversaire de son ordination sacerdotale.

Et, enfin, l’envoi en mission des responsables de CEB, mouvements, associations et comités paroissiaux, marquant ainsi le lancement de la nouvelle année pastorale.

L’élan d’action de grâce qui a jailli des cœurs de tous les fidèles paroissiens a trouvé un écho retentissant dans l’Eucharistie, présidée par le Frère Thomas PIKANDIEU-GOMIS, moine bénédictin de Keur Moussa.

Dans son mot d’accueil, le curé de la paroisse, abbé David Lamane DIOP, a demandé au célébrant de prier « afin que notre travail ait les dimensions de la charité et que les relations engendrées par le travail soient fondées sur le principe nouveau de la fraternité dans le Christ lui-même. » Il lui a aussi demandé de parler « au Seigneur de ceux et celles qui aujourd’hui cherchent un emploi ; des responsables sociaux et politiques, lui demandant pour eux la grâce d’œuvrer en faveur de conditions de travail respectueuses du travailleur. » Et enfin, il lui a demandé de confier au Seigneur « chacune de nos familles afin qu’il nous garde dans la confiance et dans la paix. »

En réponse à ces appels, le Frère Thomas a tenu à faire comprendre, dans son homélie, que chaque évènement de la journée est un signe que Dieu nous adresse, un signe de l’attention qu’il a pour chacun de nous. Aussi, à partir d’un jeu de mots (prétexte – texte), il a attiré l’attention de l’assemblée sur l’importance de cette célébration paroissiale

En effet, selon le Frère Thomas, les multiples fêtes et événements peuvent être des prétextes, en ce sens que le prétexte n’est pas le texte, le texte vient après. Un peu comme cette fête patronale qui anticipe la joie de Noël. Tous ces évènements sont donc des prétextes pour fêter, pour donner de la joie, par les danses, le sourire, à travers la nourriture et la boisson partagée en toute fraternité.

Cependant, cela ne doit pas s’arrêter là, au « prétexte » ; il nous faut chercher à découvrir le « texte » qui est la rencontre avec Dieu. Rencontrer Dieu à travers sa Parole, rencontrer Dieu à travers nos frères et sœurs avec qui nous partageons la joie de la fête.

Homélie prononcée par le Frère Thomas 

Chers frères et sœurs, depuis dimanche dernier, nous sommes entrés dans le temps de l’Avent. Bien que les couleurs liturgiques rappellent la couleur de la pénitence en Carême. Mais l’Avent est particulièrement un temps d’une joyeuse attente, et d’ailleurs dimanche prochain déjà nous marquerons davantage la joie de ce que l’on attend, c’est-à-dire l’accueil du Messie, où St Paul nous dit : « Soyez dans la joie du Seigneur, soyez toujours dans la joie, le Seigneur est proche »  

C’est cette même joie en quelque sorte que vous anticipez en célébrant votre fête patronale aujourd’hui. Cela vous permet également de goûter au repos laborieux. Car Dieu Lui-même a observé un repos après avoir créé le monde et tout ce qu’il contient.

Ce temps est aussi un moment où nous sommes invités à comprendre que chaque événement de la journée est un signe que Dieu nous adresse, un signe de l’attention qu’il a pour chacun de nous.

Nos fêtes multiples peuvent être des prétextes, en ce sens que le prétexte n’est pas le texte, le texte vient après. Un peu comme cette fête patronale qui anticipe la joie de Noël. Je veux dire qu’il faut profiter des fêtes, ce sont des moments de joie, de délivrance ou de libération  que la providence nous offre, même si nous en  sommes parfois les instigateurs.

C’est l’occasion de donner la joie aux autres, par des pas de danses, par des chants, par un sourire, par la nourriture et la boisson.

Mais il ne faut pas rester au prétexte, il faut aller au texte voir même l’écrire comme on écrit sa vie ; en faire une œuvre d’art, une œuvre de miséricorde. Car la dignité de la personne est d’être acteur de son histoire et de l’histoire. La vie ne peut être simple conformité à des préceptes. Je ne viens pas à la Messe pour venir à la Messe, je ne fais pas la fête pour la fête, mais pour une rencontre. Rencontrer Dieu à travers sa Parole et le mystère que nous célébrons. Rencontrer aussi nos frères et sœurs pour partager la joie de la fête et devenir meilleurs. Et Notre Seigneur Jésus est l’Ouvrier par excellence, Il a fait de sa vie un chef-d’œuvre que nous contemplons jusqu’à aujourd’hui, plus de 2000 ans passés.

Vivre une fête, c’est aussi l’occasion de pardonner à ceux qui nous ont offensés. Chez nos frères musulmans le jour de leur fête, chacun demande pardon, « Balma akh ! » C’est très parlant !

La fête c’est aussi l’occasion de se convertir, penser aux autres ; c’est sortir de son égoïsme, pardonner. C’est sortir de son orgueil. Et l’Évangile de ce jour nous y invite par la bouche de Jean le Baptiste : «  Convertissez-vous, car le royaume des Cieux est tout proche ». Alors, s’il y a des loups dans l’assemblée, on leur demande d’habiter avec les agneaux, les léopards de vivre à côté des chevreaux, enfin, que le lion et le bœuf mangent du fourrage. Autrement dit la fête vous rassemble pour être unis : La fête étant le prétexte et le texte est l’amour qui vous fait vous engager pour rendre meilleur la condition de vie de vos semblables (enfants, employés etc…) dans votre vie courante, et surtout rendre meilleure notre propre vie. Cela témoigne de la présence du Christ dans nos vies, tout comme le prophète Isaïe montre le signe de la venue du Messie par cette ambiance de coexistence pacifique en mettant en scène des animaux différents et antipathiques qui vivent ensemble. Nous sommes tous différents de par nos tempéraments et pourtant nos différences devraient être des atouts pour réussir ensemble.

La fête comme le travail doivent être au service de la personne. Comment décrire ce qu’est le service de la personne ? Il s’organise principalement autour de quatre pôles d’attention et de promotion : il doit lui permettre l’accès au sens, l’établissement de vraies relations, le développement personnel et favoriser l’engagement.

Enfin, « l’homme a de grandes capacités pour travailler vaillamment et bien réussir dans ses entreprises. Cependant, il oublie souvent qu’il est lui-même un ouvrage toujours en devenir à cause du péché qui menace toujours de le défigurer. L’œuvre la plus importante concerne donc en premier sa propre vie ». (cf. Jean Paul II in Laboremexercens)

Voilà donc ce qui nous est proposé pour ce temps de l’Avent, « un temps pour pacifier son âme, pour construire la paix dans son âme, dans sa famille et dans le monde, en ne cherchant aucune excuse pour vivre dans l’indifférence » (Homélie Pape Benoît XVI Avent 2009). Et la fête, surtout dans notre contexte ecclésial ici et maintenant à Mboro, est un facteur important pour aider à réaliser cette conversion du cœur.

Demandons à Sainte Barbe votre sainte Patronne d’intercéder pour nous, afin que nous devenions des artisans de paix, par le labeur de notre travail quotidien pour la promotion de l’homme, en améliorant la condition de vie de nos semblables sans nous oublier nous-mêmes.

Très bonne fête à toutes et à tous, au Nom du Père et du Fils et du Saint Esprit. Amen !

 

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