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Vigile de Pâques à la cathédrale. L’homélie de Mgr André Gueye

Bien chers frères et sœurs dans la foi, chers amis auditeurs,

Mbokk yi, dekaliku ngëm gi rekk aako mëne yeene. Yaramam desul ci bamel bi : lu leer la lu kenn menul wedi. Waye nga teg ci nee dekalikuna, yombul, ndege mbiru Yalla la, bu weesu gestu ak xam-xam. Mo tax mu doon xibar bi joge ci Yalla sax sax, te ay malaka, feeñal ko, yegal ki jigen ñi xeyon suba cuy, ngir jekali li waron ci niw u Yesu. Yalla laa len xamal kump bi, ndax nu gëm ko ; gën ko japp ganaw bi Krista feñoo apotar ya ; ndax ñoom itam yegle mbir mi, ben nun ñi tey, ngir sunu mucc. Kimtan bu doy war, bu ëpp nop ak degg degg, mo tax nu sant ci Yall, moy Alleluia bu nuy woy, ndege dale ko booba, xam nanu li nu Yalla wajal ganaw bu nu jexale sunu nekkin ci suuf si, di Aljana, fa nu Krista jitu.

Kon mbokk, li des moy, nu takku ci Krista mi daan de ga, Borom dund gi, mi metali lepp li Yalla begal nit ñi ; nu japp bu deger ci moom, baña ragal dara, donte sax su coono, naxar ak jaxle jibe ; nu xeex ak lepp liy wañi sunu ngëm, lepp liy tilimal su nu jëm kercen. Surtout, nu and ak Krista dekki ci lu bax, ci jigo yu rafet, ci dundu bi gëna mengo ak coofel, di jëm kanam ci yoon u tuub bi nu tamm ci Koor gi, tuub ci bakar ak ci bepp tameef bu bon, jëm kanam ci yakar ci yermande Yalla, ndege Krista bi sunu Yakar deki na.

Alléluia, Christ est vivant, il n’est pas ici, il est ressuscité ! Voilà le refrain qui déchire le silence de cette nuit. C’est le cri de la foi, que les chrétiens proclament depuis lors, depuis que le messager divin a fait comprendre aux femmes ce qui s’est réellement passé : « Pourquoi chercher parmi les morts celui qui est vivant. Il n’est pas ici, il est ressuscité ».

Si le constat du tombeau vide reste indéniable, le tombeau, en effet, est à jamais vide, il n’est cependant pas suffisant pour accomplir le saut de la foi en la résurrection. Le fait historique, attesté par le tombeau où il n’y a plus le corps de Jésus, a besoin d’être éclairé, expliqué, interprété par la révélation divine communiquée par les anges, pour faire naître la foi. De fait, dans l’Evangile de St Luc, les femmes tout comme les apôtres sont encore en chemin vers la foi. Il aura fallu que le Ressuscité se manifeste à eux, visible dans son corps qui avait été cruellement crucifié et transpercé, pour qu’ils adhèrent totalement à ce message qui leur annonce la résurrection.

C’est tout cela que nous revivons en cette nuit très sainte, frères et sœurs, pour que résonne, dans le silence de nos cœurs, le même message jadis adressé aux femmes. Il est vivant. Et l’apôtre Paul d’ajouter : il ne meurt plus ; sur lui la mort n’a plus aucun pouvoir. Voilà la merveille célébrée par notre foi et c’est pourquoi nous chantons Alléluia, pour exalter la puissance de Dieu, pour magnifier cet événement unique dans l’histoire de l’humanité. Alléluia, louez le Seigneur

Les longues lectures ont justement voulu rappeler à la mémoire de notre foi l’œuvre de Dieu en faveur de l’humanité, depuis la création du monde et par la suite, par l’intermédiaire de son peuple Israël grâce à la médiation des prophètes, pour dire ceci : la résurrection en constitue le sommet et l’accomplissement définitif. Tout est accompli disait Jésus du haut de la croix. La preuve suprême de l’amour de Dieu et la réalisation totale et définitive de tout son projet de sauver les hommes.
Faire mémoire, pour renouveler notre adhésion à la foi en Jésus-Christ, mort et ressuscité, en qui nous avons la vie et la résurrection. Crucifié pour nous sous Ponce Pilate, il souffrit sa Passion et fut mis au tombeau. Il ressuscita le troisième jour conformément aux Ecritures. Telle est notre foi, que chacun et chacune réaffirme en cette nuit, en demandant à Dieu nous y établir fermement. Frères et sœurs, cette foi est un véritable défi et même un combat à mener quotidiennement, car sans la résurrection, comme l’a dit Saint Paul, notre foi est vaine et sans issue, puisque la résurrection, nous ouvre une perspective claire, une espérance solide et sûre en notre propre résurrection, par delà la mort, pour entrer dans la vie éternelle avec le Christ. C’est pourquoi, même si la mort doit faire son œuvre en nous, nous demeurons dans la conviction inébranlable qu’elle n’a pas le dernier mot, puisque celui en qui nous croyons l’a vaincu pour nous.

Une telle foi qui doit avoir un impact dans notre vie de tous les jours. Il s’agit d’abord de la fidélité de notre vie avec le Christ, une fidélité qui son prix, comme ce fut le cas pour le Christ qui nous aima jusqu’au bout, jusqu’à la croix. Il est vrai, notre Diocèse célèbre 50 ans de fidélité à la foi. Mais il est aussi vrai qu’il revient à chacun de traduire cette fidélité, son attachement au Christ qui ne se nourrit pas de mots, ni d’une pratique routinière et superficielle du culte, qui exige des choix et des renoncements qui nous coûtent. Comment pouvons-nous nous en prévaloir si, par exemple, à cause de l’épreuve de la maladie, de la pauvreté et de l’échec ou des impasses de vie, ou à cause de nos ambitions, de nos désirs, de la recherche du bonheur et de la réussite, nous préférons mettre notre foi en veilleuse ou entre parenthèse pour chercher ailleurs, nous compromettre dans pratiques contraire à l’évangile ?

Le Christ est ressuscité, sur lui la mort n’a plus aucun pouvoir : comment pouvons nous le proclamer et nous laisser paralyser par la peur et le doute. Il l’avait dit lui-même à ses apôtres : « pourquoi avez-vous peur, hommes de peu de foi ! ». Il est vivant, en nous, il est présent à nos côtés, alors laissons-nous habiter par la force de sa résurrection et par l’espérance quoi qu’il advienne de notre vie. Si nous sommes sûr de lui, avec lui nous pouvons nous en sortir, nous pouvons rester debout malgré les difficultés, nous pouvons remporter la victoire sur les épreuves et sur les tentations au désespoir, au découragement, je parle surtout aux jeunes et sur les sirènes, les voix qui nous invitent à aller voir ailleurs. Restons solidement attachés au Christ ! Ne perdons pas l’Espérance, parce c’est lui le Christ notre Espérance.
Le Christ est ressuscité, sur lui la mort n’a plus aucun pouvoir. Car lui qui est mort, c’est au péché qu’il est mort une fois pour toutes… De même, vous aussi, pensez que vous êtes morts au péché, mais vivant pour Dieu, en Jésus-Christ. Mourir au péché. C’est ainsi que nous pouvons rendre témoigner de la résurrection du Christ dans notre vie. C’est pour cela que nous allons rénover nos promesses du baptême. Frères et sœurs, laissons-nous toucher par la miséricorde du Christ, car par sa mort et sa résurrection, il nous a sauvés de tout péché, quel qu’il soit.

Prenons en conscience et engageons-nous à quitter le tombeau dans lequel notre péché, nos péchés, nous enferment. Malgré notre faiblesse, l’apôtre nous appelle à mener une vie nouvelle, c’est-à-dire à ne jamais désespérer du pardon de Dieu, car le Christ a payé pour tout homme le prix du péché et aussi, avec le secours de sa grâce, à aller de l’avant, dans notre volonté de conversion pour plaire à Dieu, même si par notre faiblesse nous tombons encore dans le péché.

Oui, Pâques nous invite à passer, à progresser, à émerger, ressusciter, à quitter et à laisser vides nos tombeaux de toutes sortes. Chacun de nous connais ses tombeaux : l’orgueil, l’égoïsme, le mensonge, la duplicité, le manque de ferveur et de détermination dans la foi, la peur du témoignage, le refus de la croix, le choix de demeurer dans une situation de vie non conforme avec la foi ou dans les addictions de l’alcool ou de la drogue, la volonté de nuire à son prochain, la haine, la méchanceté, le manque de fidélité dans ses engagements chrétiens, familiaux, professionnels. Frères et sœurs, ressuscitons avec le Christ, dans la foi, la vérité, l’amour, l’espérance et la conversion.

Que cette nuit nous en donne la grâce, Amen.

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