Colloque sur la prévention de l’extrémisme: Réflexion de Monseigneur GUEYE

Conférence de Monseigneur GUEYE
« Quelques réflexions sur la position et la pratique de l’Église au sujet de la prévention des extrémismes »
Introduction : 
De nos jours, les religions apparaissent sous les projecteurs d’une problématique toute nouvelle : généralement, il ne s’agit plus de les comprendre parce qu’elles intéressent, mais parce qu’elles suscitent peur et méfiance, à cause justement de toutes les violences, dans la théorie, les paroles ou les actes, mises en œuvre sous l’influence de la religion, ou qui s’en réclament d’une manière ou d’une autre. Cette violence sous toutes ses formes est en porte à faux avec les aspirations modernes de justice, de paix et de liberté individuelle et de la liberté religieuse. C’est, nous le disons d’emblée, ce qu’il faut dénoncer sous le terme de l’instrumentalisation de la religion, qui fait partie des manifestations de l’extrémisme, tout en laissant les spécialistes de la question la tâche de mettre en lumière tous ses aspects.
Toutefois, de l’avis de beaucoup, l’extrémisme n’est que l’envers d’un retour du religieux qui exprime à la fois « un renouveau des quêtes individuelles de sens dans un monde laïcisé, matérialiste et une recherche plus collective d’identité dans un monde engagé dans les incertitudes et les insécurités de la mondialisation et de la diversité[[1]]url:#_ftn1  ». Il ne faut donc pas jeter le bébé avec l’eau du bain. Les religions ont encore leur mot à dire, une lumière, un sens à offrir aux hommes de notre temps. Il faut nécessairement croire en leur capacité de garder le cap de la modération au service de la société, au service de l’homme et de tout l’homme, pour reprendre les paroles du Pape Paul VI, dans son Encyclique Populorum Progressio.
En ce qui concerne la religion chrétienne, une prise de conscience a été déjà faite et demeure d’actualité. L’Église catholique a retenu les leçons du passé et milite aujourd’hui pour un rapport apaisé et constructif en considération des aspirations des hommes. D’ailleurs son emprise sur la société n’est plus d’ordre temporel et politique. Elle cherche plutôt à éduquer les consciences à la liberté, à la responsabilité, à la fraternité, à la rencontre, au dialogue, à la paix.
Ce qui est profondément décrié dans l’extrémisme religieux, c’est son potentiel de violence qui pourrait expliquer le passage à l’acte violent mettant en péril la vie humaine. Dans la Doctrine sociale de l’Église, ce principe reste de rigueur : « L’homme est toujours une fin et jamais un moyen » (DSE, n° 514). Créé à l’image de Dieu, il est à respecter dans toute sa dignité et dans toute sa liberté.
Afin de clarifier la position de l’Église sur la question de l’extrémisme religieux, nous parlerons rapidement des motivations fondamentales de l’extrémisme, laissant leur approfondissement aux experts, nous en montrerons ensuite les limites, en nous appuyant sur l’enseignement de l’Évangile et du Magistère (enseignement officiel de l’Église), pour finir par quelques réflexions qui peuvent contribuer à la prévention de l’extrémisme religieux.

1. L’extrémisme religieux, visages et motivations :
L’extrémisme religieux surgit quand le religieux perd son rôle de régulation pour devenir le vecteur idéologique d’une violence pulsionnelle. Nous parlons du religieux, pour être clair : l’extrémisme git, tapi dans l’ombre, à la porte de la religion en général, de toutes les religions. Il a plusieurs visages, mais tous reconnaissable par la haine et la violence. Il est possible de mettre en exergue au moins certaines erreurs fondamentales de l’extrémisme :

1.1. Celle de croire et de faire croire que notre identité religieuse doit recouvrir, voire envahir et informer tout le reste, tout l’individu comme toute la société, dans laquelle on vit, sans considération aucune des autres identités culturelles ou religieuses ; bref tous les pans de notre vie : activités, opinions, relations. Cet extrémisme ne s’embarrasse pas de culture et rêve que toute la vie des individus soit réglée par des préceptes religieux, stricts. Il rêve d’adeptes chimiquement purs qui ne soient que croyants et pas en même temps autre chose, obéissant à d’autres principes, ouverts à d’autres idées.
1.2. Celle de croire et de faire croire qu’il ne peut pas y avoir différentes manières de vivre sa foi. Cet extrémisme prétend détenir des réponses claires à proposer dans tous les domaines. Il dit « non » à toutes les aspirations différentes des valeurs religieuses prônées. Il pousse la prétention à ses limites au point de dicter à ses adeptes ce qu’il convient de penser et ce qu’il ne convient pas de se mettre à l’esprit. Le jugement personnel est proscrit, même dans de simples détails de la vie.
1.3. Celle de défendre « la cause de Dieu » au détriment de la « cause des hommes ». Cet extrémisme chercherait à enfermer le monde dans un système manichéen où les forces du bien et les forces du mal s’affronteraient. Il proposerait à ses adeptes d’échapper à ce conflit en se rangeant du côté de Dieu, car c’est uniquement dans ce camp qu’ils pourraient se prétendre indemnes de tout mal et être vainqueurs du mal.
Une telle vision de la religion ne peut qu’engendrer la violence qui peut aboutir à l’acte violent mettant ainsi en péril la vie des hommes. Les autres sont accusés et haïs, parce que différents, et par conséquent à dominer, voire à exclure, mieux à éliminer.

 

2. Les limites de l’extrémisme religieux : 
Ces erreurs que nous venons d’analyser révèlent en même temps les limites de l’extrémisme.
Croire que notre identité religieuse peut recouvrir, comprendre et expliquer tous les aspects de notre vie, c’est ignorer la complexité de notre être. Milieu familial, déterminisme psychosocial, affectivités, vie sexuelle, et j’en passe, les facteurs sont innombrables, qui informent notre être et orientent notre personnalité.  Les convictions religieuses y participent considérablement, mais elles ne sont pas les seuls facteurs, elles n’en sont qu’un aspect. Si l’Église prône un attachement à la foi, c’est dans la mesure où cette dernière imprègne notre vie et lui donne une orientation toute particulière, dans une dynamique de conversion à celle-ci, toujours renouvelée. Cette conversion a une double direction, qui conduit à la justesse de la relation avec Dieu et l’amour fraternel envers tout homme, enfant de Dieu, créé à son image, sans distinction aucune, encore moins d’ordre idéologique ou religieux. C’est ce qui est enseigné par Jésus lui-même dans l’Évangile, de Saint Matthieu, particulièrement dans les passages suivants : 5, 44-45 : « Aimez vous ennemis, bénissez ceux qui vous maudissent, faites du bien à ceux qui vous haïssent, et priez pour ceux qui vous maltraitent et qui vous persécutent, afin que vous soyez fils de votre Père qui est dans les cieux ; car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et fait pleuvoir sur les justes et sur les injustes ».
De même, l’Église enseigne qu’il ne saurait y avoir une seule manière de vivre sa foi. Il y a une part importante de la dimension personnelle, qui, sans biffer la dimension communautaire, donne son pesant d’or au vécu de foi. C’est parce que Dieu nous aime personnellement que nous répondons à son amour de façon personnelle. C’est ce qu’exprime le concept théologique de vocation. L’expérience chrétienne que l’Église propose est celle de la foi qui s’adresse à des libertés personnelles. L’éducation à la foi chrétienne est inséparable de l’éducation à la liberté qui demande cependant souvent à être délivrée de ce qui l’entrave ou la blesse.
D’autre part, sans nier les erreurs graves du passé témoin d’actes intolérants et inacceptables, relevant de l’extrémisme, de la part de l’Église, il convient de signaler la Déclaration du Concile Vatican II sur les relations de l’Église avec les religions non chrétiennes, et surtout celle sur la liberté religieuse, qui inclut la liberté de pensée, de conviction et de culte. C’est un grand tournant dans la position de l’Église
Par ailleurs, par la foi dans le dogme de l’incarnation du Verbe divin dans notre humanité, L’Église refuse toute séparation entre la cause de Dieu et celle des hommes. La foi chrétienne centrée sur Jésus proclamé Sauveur, Fils de Dieu, vrai Dieu et vrai homme en reprenant les termes mêmes du Concile de Nicée en 324, cette foi défend la cause de l’homme. C’est pourquoi, le disciple de Jésus Christ ne peut pas fuir le monde et le vouer aux gémonies, puisque Dieu lui-même est venu en son sein. Au contraire il s’engage dans le monde, pour le transformer par le message divin de l’amour et du service, pour faire advenir le Règne de Dieu dans les cœurs.
Par Jésus, nous apprenons qu’entre Dieu et l’homme il ne s’agit jamais d’un rapport de forces, mais d’un rapport de libertés et, en dernière analyse, d’une relation de confiance et d’amour, qui se nourrit de la miséricorde de Dieu, comme l’illustre le beau passage de la femme adultère dans l’Évangile de Saint Jean. (Il dénonce l’extrémisme qui instrumentalise la loi de Moïse à des fins de domination, d’accusation et de condamnation (cf. commentaire dans le texte entier).
Après les clarifications que nous venons d’apporter, nous avons choisi de montrer ici la dynamique qui se joue en commentant une page très célèbre de l’évangile selon Saint Jean : la femme adultère (Jn 8, 1 – 11). Plusieurs commentaires s’arrêtent généralement sur le verset 11b « Moi non plus, je ne te condamne pas : va et désormais ne pèche plus », pour souligner le pardon accordé par Jésus à cette femme. Mais il y a dans cette péricope d’autres enjeux importants. Ce n’est pas seulement la femme qui est visée, mais Jésus lui-même avec son message de libération et de miséricorde[[2]]url:#_ftn2 . Ses ennemis tentent de lui faire le procès de sa liberté d’interprétation quant à ce qu’il convient de faire de la Loi : l’abolir ou l’accomplir ? Jésus déjoue ce piège et par la même occasion dénonce les liens qui entravent.
En effet, il ne conteste pas la loi de Moïse, mais le rôle mortifère qu’on veut lui faire jouer. Il dénonce l’instrumentalisation de cette loi à des fins de domination, d’accusation et de condamnation (d’ailleurs, c’est uniquement la femme qui est présentée et non l’homme avec qui elle a commis le péché[[3]]url:#_ftn3 ). En dénonçant l’extrémisme de l’action qui est ici la lapidation, les valeurs de la fidélité et de la vérité ne sont pas mises en question. Il combat le péché de l’exclusion par le jugement et la condamnation et délivre cette femme de la tentation de se croire jugée et condamnée par Dieu. Dieu hait le péché, et non pas l’homme pécheur. Par le pardon imploré pour ses bourreaux, Jésus donne à ses disciples l’exemple d’une à suivre, de l’amour de l’ennemi. Dans sa mort et sa résurrection, Jésus ouvre dans l’histoire humaine le commencement d’un impossible : « vivre pardonné […], en renonçant à ce qui fait mourir l’humanité en l’humain [[4]]url:#_ftn4 ».
3. Propositions concrètes en faveur de la prévention des extrémismes : 
Face à la violence de l’extrémisme religieux, qu’est-ce qui peut être commencé et qui ne soit ni imaginaire ni désespéré ?
1. Connaître sa religion. Nous situant du côté chrétien catholique, nous croyons qu’il faut commencer par une éducation religieuse véritablement équilibrée et juste, qui n’édulcore pas l’histoire et ne cache pas les dérives éventuelles et réelles, dues à la mauvaise compréhension des hommes des principes religieux et des textes fondamentaux, et à leurs velléités étrangères à la doctrine proprement dite. En effet, l’histoire édifie la mémoire et la conscience et illumine le futur qu’elle aide à construire sur la vérité. L’ignorance est la mère des vices, disaient les anciens. La vérité libère et purifie. La manipulation de l’histoire est dangereuse pour les générations actuelles et futures. La connaissance de l’histoire de sa propre religion et de ses principes est un préalable à la rencontre et au dialogue respectueux des autres traditions culturelles et religieuses. Ceci établit déjà la nécessité du dialogue rendu plus qu’incontournable dans ce monde de pluralités, surtout des convictions, de croyances, malgré le phénomène de la mondialisation. Nous y reviendrons tout à l’heure.
2. Refuser l’instrumentalisation de la religion à des fins politiques : L’Église accorde une importance capitale à l’éveil et la formation des consciences des jeunes et des adultes. Si la violence est un élément essentiel de l’extrémisme, c’est parce qu’il a une prétention sociale et politique, faisant ainsi de la religion un instrument de propagande et d’action. C’est pourquoi, il faut défendre la juste autonomie des réalités de ce monde, sans toutefois nier la véritable place que la religion doit y occuper. En effet, l’extrémisme interroge le rapport de la religion et de la politique ; un rapport à clarifier.
Notre conviction est que la société peut (et même doit) bénéficier du patrimoine moral de la religion en général pour la culture des vertus politiques et de l’engagement de ses adeptes en vue de la réalisation des valeurs politiques que sont la liberté, la paix, la justice et la vérité. Ces valeurs sont à la fois préalables, fondement et fin de toute politique. Elles dépassent donc d’une certaine manière le système politique lui-même et son fonctionnement.
Parfois l’extrémisme est exacerbé par les inégalités sociales et les injustices, par une certaine façon de faire de la politique qui exclut la religion, la persécutent ou qui ne tient pas compte des valeurs sociales et morales défendues par la religion. D’où la tentation du pouvoir, en se servant de la religion. C’est pourquoi, il faut que la politique soit au service de l’homme et de son développement intégral, y compris son épanouissement religieux. Elle ne doit pas ignorer les aspirations spirituelles des personnes et encore moins les réprimer : « la politique est loin d’épuiser les aspirations de l’homme. Ce qu’il y a d’essentiel en lui, c’est ce désir insatiable, vide devenant un appel, creux appelant une plénitude, soif d’infini, soif d’absolu. Seule la foi dévoile la signification dernière de ce désir, qui est la racine et le signe de notre liberté »[[5]]url:#_ftn5 .
Parallèlement, la religion doit reconnaître à la politique sa compétence et son autonomie, sans faire ombrage à la responsabilité qui lui incombe directement dans la régence ou la gestion des réalités humaines. Elle ne peut pas, elle toute seule, relever l’immense défi, qui consiste à rendre meilleures les conditions matérielles de l’existence ; là réside précisément le rôle de la politique. En résumé, un juste rapport d’équilibre, d’autonomie distincte, mais aussi de réciprocité et de dialogue entre religion et politique permet de prévenir l’extrémisme, en rejetant toute tentative d’instrumentalisation de la religion par la politique et inversement de récupération de la politique par la religion. A ce propos, la position de l’Eglise est clairement définie, pour empêcher tout extrémisme, en cette déclaration du Pape Benoît XVI : « l’Eglise ne peut ni ne doit prendre en main la bataille politique pour édifier la société la plus juste possible. Elle ne peut ni ne doit se mettre à la place de l’Etat. Mais elle ne peut ni ne doit rester à l’écart de la lutte pour la justice. Elle doit s’insérer en elle par la voie de l’argumentation rationnelle et doit réveiller les forces spirituelles, sans lesquelles la justice, qui requiert aussi des renoncements, ne peut s’affirmer ni se développer. La société juste ne peut être l’œuvre de l’Église, mais elle doit être réalisée par le politique. Toutefois, l’engagement pour la justice, travaillant à l’ouverture de l’intelligence et de la volonté aux exigences du bien, intéresse profondément l’Église »[[6]]url:#_ftn6 .
3. Promouvoir le Dialogue interreligieux.  Il convient de souligner également l’importance du dialogue interreligieux dans la prévention des extrémismes. Aussi bien dans son enseignement que dans sa pratique, l’Eglise affirme que le dialogue avec les croyants qui se réclament d’autres traditions religieuses n’est pas facultatif. En effet, les religions qui se reconnaissent dans l’unique révélation faite à Abraham croient en la fraternité de tous les humains, créatures de Dieu. Cette fraternité qui tient à l’origine implique la rencontre mutuelle, dans le respect de la spécificité de chaque religion, de la dignité et de la liberté personnelles de chaque croyant dont l’existence est façonnée par la recherche de Dieu et la relation à Lui.
Quand l’attention est portée sur la richesse de chaque tradition religieuse, le dialogue se décline comme une connaissance mutuelle qui entraine un enrichissement mutuel ; il ne saurait conduire ni à la rivalité ni au relativisme, mais à l’ouverture et la recherche continuelle de la vérité qui transcende les péripéties de l’histoire des religions. Le temps de la religion doit ouvrir l’éternité de la communion avec le divin, car alors nous connaîtrons comme ne sommes connus (cf. 1Co 13.12). Cet aspect du dialogue comme estime mutuelle des richesses des traditions spirituelles et du vécu de la foi doit se vérifier et même commencer par l’entraide et la collaboration quotidiennes,
Sur ce plan, ce qui est communément appelé « le dialogue de vie et des œuvres » nous semble beaucoup plus engageant. Une saine émulation est ici souhaitée, car il s’agit de traduire par des œuvres concrètes ce qui est enseigné dans la religion ; des œuvres en faveur de la justice sociale et du service de l’homme et de tout l’homme. L’Église les appelle les œuvres de miséricorde, car le chemin de Dieu ou vers Dieu passe par l’homme. Jésus l’a dit : « tout ce que faites à l’un de ces petits qui sont mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait » (Mt 25). La promotion sociale de l’homme et sa vie matérielle font partie de la mission de l’Église. C’est la raison pour laquelle de nombreuses initiatives sont prises pour rejoindre les pauvres, les blessés de la vie, les exclus avec le souci de leur faire recouvrer leur liberté et leur dignité. C’est un des piliers de la Doctrine Sociale de l’Église, appelé le choix préférentiel pour les pauvres.  Là il est possible d’agir ensemble et de barrer la route à l’extrémisme qui se nourrit de la misère et de la pauvreté. Comme il serait intéressant de se rejoindre sur ce terrain !
Conclusion : 
Pour finir nous en appelons à la vigilance face à l’extrémisme religieux qui n’épargne aucune religion, en la déformant et, pire, en prônant la violence pouvant nuire à l’intégrité physique et attenter à la vie des hommes. Refusons de tomber dans son piège en redécouvrant l’essence du message des religions, malgré les contradictions au cours de leurs histoires respectives, mais surtout en refusant le prétexte de la lutte pour la justice, l’égalité et la liberté, par la formation et l’éveil des consciences. Le remède fondamental reste le dialogue des religions, entre elles, mais aussi avec ceux qui n’y adhèrent pas ; un dialogue au nom de l’humanité. Il s’agit en effet de rejoindre chaque personne dans son humanité et sa dignité, dans le respect de son droit à la différence et au développement intégral.
Dans un monde en perpétuel changement où les aspirations humaines deviennent de plus en plus pressantes et grandissantes et où les déceptions sont aussi grandes ; dans un monde où il est de plus en plus difficile de trouver des repères stables, eu égard au pluralisme et au relativisme ; dans un monde qui, tout en décriant les violences de toutes sortes, se plait à les produire et même à les diffuser, notre conviction est que LA religion a encore un rôle à jouer. La tâche est immense, voire infinie, mais à condition de relever le défi de l’extrémisme religieux qui ruine aussi les religions elles-mêmes, à l’interne comme dans l’opposition les unes contre les autres ou contre les autres cultures. De sorte que la question du rôle des religions demeure une question importante, d’une ampleur insondable et d’une brûlante actualité. Donc, loin de nous la prétention d’y avoir adéquatement répondu. Avec ma profonde gratitude pour votre aimable attention.
Mgr André GUEYE, Evêque de Thiès.
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